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La faune et la flore du Japon

La faune

Les îles japonaises sont peuplées d'animaux tropicaux d'Asie du sud-est, d'animaux de la zone tempérée de Corée et de Chine et d'animaux subarctiques de Sibérie. La faune japonaise comporte de nombreuses espèces et espèces relictuelles que l'on ne retrouve pas dans les zones avoisinantes. On trouve certaines espèces relictuelles à Honshu mais la plupart peuplent les îles Bonin et celles situées au sud de Kyushu.

Caractéristiques générales:

En termes zoogéographiques, la mer au sud du Honshu central appartient à la région Indo-Pacifique occidental qui fait partie du royaume tropical. Elle regorge de poissons de coraux colorés, de serpents de mer et de tortues; on y trouve aussi le dugong et le marsouin de l'Inde. La mer au nord de Honshu appartient à la région du Pacifique nord, qui fait partie du royaume du nord, et longe la côte sud des îles Aléoutiennes et la côte ouest des Etas-Unis jusqu'en Californie; on y trouve des otaries, des lions de mer de Steller et des baleines de Baird. Enfin, Hokkaido, qui se trouve en majeure partie face à la mer d'Okhotsk dans la région arctique, est fréquentée occasionnellement par des animaux originaires de la zone arctique tels que le morse. Lorsque l'on divise géographiquement les îles japonaises d'après les animaux qui les habitent, on inclut parfois les Ryukyu, au sud d'Amami Oshima, dans la zone orientale qui s'étend de la péninsule malaise à l'Inde; ces îles sont aussi parfois considérées comme zone de transition entre cette région et la région paléarctique. La zone située au nord de Yakushima, au large du sud de Kyushu, est intégrée à la région paléarctique. Les Ryukyu sont en grande partie peuplées d'espèces tropicales telles que la roussette géante, l'aigle serpentaire, la lézard arlequin et les papillons de la famille des Danaidae. Deux groupes d'espèces prédominent dans les trois îles majeures du Japon (Honshu, Shikoku et Kyushu) et à Hokkaido, qui sont incluses dans la région paléarctique: les espèces vivant dans les forêts d'arbres à feuilles caduques de Corée, du centre et du nord de la Chine, tels que le chien viverrin, le cerf shika, l'ibis japonais, le canard mandarin et le lycène de la sous-famille des théclinés, et celles des forêts de conifères de Sibérie qui comprennent l'ours brun, le lièvre siffleur, la gélinotte des bois, le lézard vivipare et l'épinochette.

Les animaux appartenant au groupe de la Corée et de la Chine vivent pour la plupart sur les trois îles majeures du Japon et ceux du groupe de la Sibérie sur Hokkaido. Il est donc courant d'inclure les trois principales îles dans la sous-région mandchoue appartenant à la région paléarctique et Hokkaido dans la sous-région sibérienne. Cependant, l'histoire géologique des îles japonaises, qui se sont séparées du continent asiatique et l'ont rejoint plusieurs fois, est extrêmement compliquée, d'où une très grande complexité des migrations animales entraînant une distribution discontinue des espèces. La faune du Japon diffère légèrement de celles que l'on peut trouver dans les zones continentales correspondantes et l'archipel nippon compte peu d'espèces endémiques.

En matière de protection des espèces menacées, l'agence de l'Environnement examine des mesures telles que la conservation des habitats, l'élevage artificiel et l'alimentation. Certains projets sont déjà mis en oeuvre. L'agence a entrepris une étude quinquennale sur le statut des populations animales en 1979 en vue de protéger les animaux et les insectes.

Les animaux dans la culture japonaise:

La plupart des croyances et des opinions des Japonais concernant les animaux proviennent de traditions indigènes, de sources bouddhiques et des oeuvres classiques de la littérature chinoise. Les symboles animaliers chinois traditionnels tels que les grues et les tortues (signe de bonheur et de longévité) ainsi que les hirondelles (représentant la fidélité) furent adoptés par la classe dirigeante japonaise aux époques protohistorique et ancienne. Ce n'est qu'à la fin de la période féodale (milieu du XIIè siècle - XVIè siècle) que des symboles animaliers réellement japonais se sont développés.

La plupart des Japonais évitaient de tuer les quadrupèdes et le poisson fut leur principale source de protéines animales jusqu'à la fin du XIXè siècle. Cette pratique était en grande partie issue de l'enseignement bouddhique. Les croyances japonaises relatives aux animaux incluent le rôle joué par le jikkan junishi, cycle sexagénaire de l'ancien système de calendrier chinois. Ce cycle est divisé en sous-cycles de 12 ans, chacun étant représenté par un animal. Il est encore courant d'associer le caractère et le destin d'une personne, d'après le jour de sa naissance, à ceux de l'animal correspondant du cycle sexagénaire (par exemple, "l'année du dragon"). Les animaux et les plantes sont en outre souvent utilisés dans les descriptions artistiques et poétiques pour évoquer la notion du temps et des saisons.

La flore

L'archipel nippon, qui s'étend du nord au sud sur près de 3500 kilomètres, présente des climats et des végétations très variés. Les botanistes estiment à 5 à 6000 le nombre d'espèces végétales indigènes. La présente section traite principalement de certaines plantes à graines (spermatophytes) qui revêtent une importance particulière aux yeux des Japonais.

Types de plantes au Japon:

En matière de distribution des plantes, le Japon est compris dans la zone tempérée de l'Asie orientale et peut se diviser en cinq zones principales, a savoir:

1. La zone subtropicale, qui inclut le groupe des îles Ryukyu et Bonin. Les plantes caractéristiques sont le gajumaru (Ficus microcarpa) des Ryukyu et le himetsubaki (Schima wallichii) des îles Bonin.
2. La zone tiède à tempérée des forêts d'arbres à large feuillage persistant couvre la majeure partie du sud de Honshu, de Shikoku et de Kyushu. Le yabutsubaki (Camellia japonica), le shiinoki (Castanopsis sieboldii) et le kusu (Cinnamomum camphora) font partie de ses plantes caractéristiques.
3. La zone froide à tempérée des forêts d'arbres à large feuillage caduc couvre le centre et le nord de Honshu et la partie sud-ouest de Hokkaido. Les plantes caractéristiques comprennent le konara (Quercus serrata) et le buna (Fagus crenata).
4. La zone subalpine inclut le centre et le nord de Hokkaido. Ses plantes caractéristiques comprennent le kokemono (Vaccinium vitisidaea) et le tohi (Picea jezoensis).
5. La zone alpine couvre les plateaux du Honshu central et le centre de Hokkaido; ses plantes caractéristiques sont notamment le haimatsu (pinus pumila) et le komakusa (Dicentra peregrina).

Bien que certaines plantes soient entrées au Japon très tôt dans l'histoire de l'archipel, la plupart des plantes adaptées furent introduites peu de temps après le début de l'ère Meiji (1868-1912). On estime entre 200 et 500 le nombre de plantes adaptées. Bien que la plupart proviennent d'Europe, on trouve de plus en plus d'espèces originaires des États-Unis depuis quelques années.

Utilisation des plantes au Japon:

Les Japonais, depuis le début des temps, ont utilisé les plantes pour leur alimentation et à de multiples autres fins telles que l'habillement, les médicaments, les teintures, les huiles, la toiture, la sculpture, le papier, la sparterie, les chapeaux, les cordages, les paniers et le combustible. La plupart des plantes désormais réservées à ces usages sont indigènes mais la majorité des plantes comestibles auraient été importées du continent asiatique.

Les plantes dans la littérature:

La beauté de la nature, exprimée par le terme kacha fugetsu ("fleurs, oiseaux, vent et lune") est le thème principal de la littérature japonaise, particulièrement dans le waka (poème à 31 syllabes) et le haïku. Le fait que les fleurs soient le premier terme de cette expression ne semble pas être un hasard. Le "Récit de Gentils", écrit vers l'an 1000 et réputé pour ses descriptions superbes de la nature, se réfère à 101 sortes de plantes. L'utilisation fréquente d'arbres et de plantes dans les métaphores est souvent considérée comme l'une des caractéristiques de la littérature japonaise.

Pour les Japonais, la nature n'est pas seulement un objet d'esthétisme, c'est également un élément évocateur de sentiments poétiques intenses. Le peuple nippon aime les fleurs, pas tant pour leurs parfums et leurs couleurs que pour leurs formes et leur pouvoir émotionnel. L'importance particulière que les Japonais accordent aux saisons dans leur poésie est un moyen d'exprimer leur observation intense et leur goût des plantes, signes d'une nature qui meurt et se renouvelle sans cesse. Comprendre cette attitude est essentiel pour apprécier la littérature japonaise traditionnelle.

Les plantes dans les beaux-arts:

Traditionnellement, la peinture et les autres arts japonais reposent essentiellement sur la sensibilité de l'artiste envers la nature et ils s'expriment généralement de manière délicate, précise et avec une grâce simple. Les représentations japonaises traditionnelles de paysages n'utilisent pas la vaste gamme de couleurs présente dans la peinture à l'huile de style occidental. Les sculptures sont aussi délicatement travaillées et de petite taille. Les plantes, les fleurs et les oiseaux sont fréquemment reproduits dans leurs couleurs réelles sur les tissus, les laques et la céramique. L'amour des formes naturelles et la volonté de les exprimer de façon idéale sont les motivations premières du développement des arts japonais traditionnels tels que l'arrangement floral, la cérémonie du thé, les plateaux à paysages (bonkei), les bonsai et la création de jardins et paysages.

Les plantes et le folklore:

Les premiers habitants créèrent des rites sacrés d'exorcisme, d'ablution et de divination dans l'espoir d'éviter les catastrophes naturelles. Ces actes mystico-religieux et la crainte de la nature en général conduisirent ces peuples à voir des symboles du divin dans les arbres et les fleurs. Ainsi, les Japonais vénéraient autrefois les premiers arbres à feuilles persistantes, pins (matsu), cèdres (sugi), cyprès (hinoki) et camphriers (kusunoki) qui, croyaient-ils, servaient d'habitation (yorishiro) aux divinités qui descendaient sur terre. La coutume consistant à décorer les portes des maisons avec des branches de pin (kadomatsu) le premier jour de l'année permettait, selon la croyance, d'accueillir les divinités.

Une autre coutume populaire relative aux fleurs, la "vision des fleurs" (hanami) remonte également à l'antiquité. Pratique à l'origine fortement liée aux rites agricoles, elle devint par la suite un pur divertissement. La fleur la plus admirée est le sakura (cerisier en fleur). Une cérémonie annuelle organisée par la cour impériale afin d'admirer les cerisiers fut instaurée à l'époque de Heian (794-1185). La coutume consistant à organiser des cérémonies annuelles pour admirer les fleurs s'est vraiment répandue à l'époque d'Edo (1603-1867). Outre le sakura, les ume (prunier du Japon), fuji (glycine), kiku (chrysanthème) et hasu (lotus) sont d'autres plantes qu'il est courant d'admirer.

Les plantes et la religion:

Les premiers Japonais vénéraient la nature comme une divinité. Ils croyaient que les reliefs naturels tels que les montagnes, rivières, roches et plantes avaient tous un esprit; ils leur offraient donc leurs prières et leur demandaient pardon. Les Japonais utilisaient des arbres à feuilles persistantes tels que les pins et le sakaki (Cleyera japonica) lors des festivals religieux car ils étaient supposés servir d'habitations aux dieux; les produits de la mer (algues, poissons et coquillages) ainsi que les légumes frais étaient offerts aux divinités à la place d'animaux. Le shintoïsme observe toujours ces traditions. Le bouddhisme, qui fut introduit au japon vers le VIè siècle, interdit la destruction de créatures vivantes; on utilisa donc des fleurs et des plantes pour ses rituels, pratique qui est toujours respectée.

Les plantes dans le Japon moderne:

Les Japonais commencèrent à s'intéresser aux valeurs modernes et occidentales à l'ère Meiji et se détournèrent de la nature. Ce changement fut alors généralement considéré comme un progrès mais l'une des conséquences majeures de l'industrialisation rapide du pays (plus particulièrement depuis la Deuxième Guerre mondiale) fut l'exploitation anarchique de la nature ainsi que la déforestation sauvage. Cela entraîna une pollution généralisée qui toucha toutes les composantes de la société nippone. Les Japonais réalisèrent récemment que le "progrès", qu'ils pensaient alors totalement bénéfique, ne l'était pas forcément et que la conservation et la restauration du milieu naturel devait être une priorité majeure. De nombreux Japonais estiment maintenant que la flore du pays, d'une grande richesse, devait être protégée et traitée comme avant.

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